Comment prévenir le décrochage scolaire chez les adolescents ?

Le décrochage scolaire est un défi auquel de nombreux parents peuvent être confrontés. Certains adolescents ne veulent pas poursuivre leurs études secondaires. Dans ce cas-ci, quelle est la meilleure posture à adopter ? Est-il possible de le prévenir ? Cet article, rédigé par Maggie Roy, étudiante à la maîtrise en sciences de l’éducation de l’Université de Sherbrooke, vise à expliquer les conséquences du décrochage scolaire et les solutions pour le prévenir.

Qu’est-ce que le décrochage scolaire ?

Le décrochage scolaire se produit quand des jeunes décident d’arrêter leurs études secondaires. Par conséquent, ils n’obtiendront pas de diplôme d’études secondaires ou professionnelles. Ces jeunes ne s’inscriront pas non plus à une formation l’année suivante. Autrement dit, même s’ils quittent l’école secondaire, ils ne poursuivront pas leurs études dans une formation professionnelle.

Quelle est la place de ce problème au Québec ?

Différentes actions comme des plans d’action ou des programmes de prévention ont été mises en place dans les dernières années. Malgré ces actions, de nombreux jeunes quittent encore l’école aujourd’hui. Environ 14% des élèves de 17 ans au Québec n’ont pas obtenu leur diplôme d’études secondaires ces dernières années. Cela peut entraîner des problèmes sociaux et psychologiques (p. ex., dépression, anxiété). Certains auteurs diront que le décrochage scolaire a diminué depuis les dernières années. Effectivement, c’est le cas avec une diminution de près de 10%. Cependant, le Québec a le taux de décrochage le plus élevé si on le compare avec les provinces voisines comme l’Ontario et la Nouvelle-Écosse. Dans ces deux provinces, il y a moins de 10% des jeunes qui quittent l’école. Bref, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin de réduire le décrochage scolaire au Québec. 

Quelles sont les conséquences du décrochage scolaire ?

Quitter l’école sans diplôme a plusieurs conséquences. En effet, ces jeunes peuvent avoir de la difficulté à trouver un emploi. Environ 23% des jeunes canadiens âgés de 20 à 24 ans connaissent des moments de chômage, contre seulement 12% des diplômés. Le chômage chez les jeunes sans qualification entraîne une plus grande utilisation des services comme l’aide-sociale ou l’assurance-chômage. Ces jeunes ont également un plus faible revenu et sont plus touchés par des troubles de santé mentale comme la dépression. Ils participent également moins aux activités citoyennes comme faire du bénévolat ou voter.

Existe-t-il une différence entre les filles et les garçons ?

On pourrait penser que le décrochage scolaire touche les femmes et les hommes de la même façon, mais ce n’est pas le cas. Moins de filles quittent l’école (13,2%) comparativement aux garçons (18,4%), mais elles subissent davantage les conséquences. Les filles sans diplôme gagnent moins d’argent et connaissent plus souvent des périodes de chômage que les garçons. Autrement dit, les garçons trouvent plus facilement des emplois manuels, comme dans le domaine de la construction, ce qui est plus difficile pour les filles. Les filles se dirigent plus souvent vers des métiers traditionnellement féminins comme le service à la clientèle. Ces métiers sont moins bien payés que les emplois manuels, ce qui peut expliquer la différence de revenu entre les filles et les garçons. Il est donc important de prévenir le décrochage scolaire chez ces populations à risque.

Comme parent, comment favoriser la persévérance scolaire de son enfant ?

Même si le décrochage scolaire entraîne plusieurs conséquences, il est possible de le prévenir auprès de votre enfant. Il est important que les parents maintiennent une relation significative avec leur jeune, en lui offrant une supervision parentale ainsi que des règles structurées. Être présent pour son enfant quand il en a besoin et prendre le temps de l’écouter peut également l’aider. Encourager son autonomie, par exemple en le soutenant dans ses travaux scolaires, est également une excellente stratégie.

Il est aussi important de noter que les parents ne sont pas les seuls qui peuvent encourager la persévérance scolaire chez leurs enfants. En effet, votre enfant lui-même ainsi que le personnel à l’école doivent aussi contribuer à favoriser la poursuite des études. Par exemple, les personnes enseignantes jouent un rôle tout aussi important que vous pour favoriser la persévérance scolaire chez votre enfant. Selon certains chercheurs, la meilleure façon d’intervenir sur le décrochage scolaire est que tous s’unissent pour favoriser de meilleures interventions. Une bonne collaboration école-famille permet également de favoriser la réussite scolaire de votre enfant. Une relation basée sur la confiance et le partage des pouvoirs entre le parent et la personne enseignante favorisent une bonne collaboration. Par exemple, communiquer souvent avec la personne enseignante peut être une bonne stratégie pour connaître les difficultés ou les progrès de votre enfant.

Conclusion

Le décrochage scolaire touche plusieurs jeunes et entraîne plusieurs conséquences pour ceux qui décident de quitter l’école. Toutefois, ce n’est pas parce que ce phénomène existe qu’il n’est pas possible d’intervenir. En tant que parent, plusieurs stratégies et ressources vous sont offertes afin d’encourager la persévérance scolaire de votre jeune. N’oubliez pas que votre jeune, mais aussi tous les acteurs autour de lui ont aussi une place importante dans son parcours scolaire.

À propos de l’autrice 

Maggie Roy

Maggie Roy a complété un baccalauréat en psychologie à l’Université du Québec à Montréal et elle est étudiante à la maîtrise en sciences de l’éducation (profil recherche) à l’Université de Sherbrooke. Elle poursuivra ses études dans le cadre du doctorat en psychoéducation à l’Université de Sherbrooke à l’automne 2024. Ses intérêts de recherche arriment à la fois la psychologie développementale, la psychologie discursive et la psychologie de l’éducation, et portent sur la prévention du décrochage scolaire et le bien-être des élèves en milieu scolaire.

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