Repas en famille : quels avantages pour les jeunes ?

Une adolescente qui partage un repas avec sa famille

La prise de repas en famille offre de nombreux avantages pour les jeunes, tant sur le plan alimentaire que psychosocial. Au-delà de la fréquence des repas familiaux, la qualité de l’ambiance et des interactions sociales pendant les repas sont également importantes. Cet article, rédigé par Laurence Vermette, Thomas Sire, Carolanne Verdon et Noémie Carbonneau de l’Université du Québec à Trois-Rivières, décrit les bénéfices, pour les jeunes, associés aux repas en famille et présente quelques astuces pour favoriser une ambiance agréable à table.

Les bénéfices associés à la qualité de l’alimentation et aux habitudes alimentaires

Une fréquence élevée de repas en famille est associée à une meilleure qualité de l’alimentation. Par exemple, une étude a montré que les jeunes qui partagent au moins trois repas en famille par semaine sont plus susceptibles d’avoir des habitudes alimentaires équilibrées que ceux qui en prennent moins de trois. D’autres recherches indiquent que manger régulièrement en famille favorise, chez les jeunes, une consommation plus élevée de fruits et légumes.  Cela est également lié à une consommation plus faible de boissons sucrées, de restauration rapide et de collations à faible valeur nutritive.

À plus long terme, les repas en famille semblent être associés à de meilleurs apports alimentaires. En effet, la fréquence des repas familiaux pendant l’adolescence est liée, à l’âge adulte, à une consommation plus élevée de fruits, de légumes et d’aliments riches en nutriments essentiels (p. ex., calcium, fibres alimentaires) ainsi qu’à une consommation réduite de boissons gazeuses. 

Or, les recherches ne sont pas unanimes, car certaines n’ont pas trouvé de lien entre la fréquence des repas en famille et la qualité globale de l’alimentation des enfants. D’autres facteurs liés à l’environnement des repas (p. ex., le téléviseur fermé pendant les repas) pourraient contribuer à maximiser les bénéfices associés aux repas en famille. 

Les effets protecteurs des repas familiaux

Les repas familiaux auraient un effet protecteur sur l’occurrence de comportements alimentaires problématiques pendant l’enfance et l’adolescence. En effet, les jeunes qui mangent au moins cinq repas par semaine avec leur famille ont 35% moins de risque de présenter des pratiques malsaines liées à la nourriture (comme manger de façon compulsive ou se faire vomir) en comparaison aux jeunes qui prennent peu (ou pas) de repas avec leur famille.

Trois principales raisons sont évoquées pour expliquer cet effet protecteur :

  1. Les parents comme modèles. Les repas en famille permettent aux parents d’être des modèles de saines habitudes alimentaires auprès de leurs enfants.
  2. Un moment privilégié pour connecter. Les repas familiaux peuvent renforcer les liens entre les parents et leur jeune grâce aux conversations à table.
  3. La possibilité de prévenir et de détecter. Les repas familiaux permettent aux parents d’observer les comportements alimentaires et l’état psychologique de leur jeune. Ils peuvent ainsi faciliter la détection précoce d’éventuelles difficultés.

Quand manger en famille n’est pas une expérience agréable

Au-delà de la fréquence des repas, les interactions familiales et l’atmosphère à table sont importantes à considérer. En effet, les repas familiaux n’offrent plus de protection contre le développement de comportements alimentaires problématiques lorsque les jeunes : 

  • font l’objet de moqueries liées à leur poids par des membres de la famille;      
  • sont exposé·es à des discussions familiales axées sur le poids et l’apparence;
  • ressentent une forte pression parentale pour manger sainement;
  • ont peu de plaisir à manger en famille;
  • se sentent dans l’incapacité d’exprimer leurs sentiments;
  • perçoivent des tensions importantes entre les membres de leur famille.

Au-delà de l’assiette : des avantages pour le développement psychosocial 

Les repas pris en famille sont des occasions pour les membres de la famille de passer du temps ensemble, de parler des événements de leur journée et de planifier des projets à venir. Ils contribueraient à renforcer l’estime de soi et à favoriser la réussite scolaire des jeunes. De plus, la fréquence des repas en famille serait également liée à une plus grande satisfaction familiale. Lorsque l’atmosphère à table est positive, les jeunes éprouvent plus de plaisir à manger en famille. De plus, les jeunes ressentent un plus grand sentiment de cohésion familiale (c.-à-d. une perception plus forte des liens émotionnels, affectifs et sociaux qui unissent les membres de la famille).

Les avantages associés à la prise de repas en famille s’étendent à plusieurs dimensions du développement social et psychologique. Les jeunes qui mangent plus souvent en famille rapportent :

Dans les familles où les interactions sociales à table sont harmonieuses, les jeunes éprouvent plus d’émotions positives et ressentent moins de stress. En bref, les repas familiaux sont associés à divers indicateurs de bien-être psychosocial chez les jeunes.

Quelques recommandations pour les parents en lien avec la prise de repas en famille

Cet article met de l’avant les nombreux avantages, pour les jeunes, associés aux repas familiaux. En tant que parent, que peut-on faire concrètement pour que nos jeunes en bénéficient pleinement ?

  1. Prendre le temps de manger en famille aussi souvent que possible.
  2. Lorsque manger plus souvent en famille n’est pas une option (en raison du manque de temps ou des conflits d’horaire), miser sur la qualité plutôt que la quantité. Par exemple, lorsqu’on arrive à s’attabler en famille, on réduit les distractions (comme les écrans à table) et on évite les sujets conflictuels afin de favoriser des interactions harmonieuses.
  3. Accepter que certains obstacles (p. ex., manque d’autonomie des enfants, horaires chargés) puissent compliquer l’organisation des repas en famille.      
  4. Éviter tout commentaire ou discussion liés au poids.      
  5. Encourager l’implication des jeunes dans la planification (choix du menu) et la préparation des repas.

Références pertinentes

  • Harrison ME, Norris ML, Obeid N, Fu M, Weinstangel H, Sampson M. Systematic review of the effects of family meal frequency on psychosocial outcomes in youth. Canadian Family Physician. 2015;61(2):e96-e106.
  • Berge JM, Hazzard VM, Trofholz A, Noser AE, Hochgraf A, Neumark-Sztainer D. Longitudinal associations between family meal quality and quantity: Does one matter more for child, parent, and family health and well-being or are they synergistic? Appetite. 2023;191:107080.

À propos des auteur·e·s

Laurence Vermette est étudiante au doctorat en recherche en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ses recherches visent à comprendre les associations entre les caractéristiques des repas en famille (quantité et qualité), les comportements alimentaires et l’image corporelle des jeunes et des parents. 

Thomas Sire est étudiant au doctorat en sciences biomédicales à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ses recherches visent à comprendre comment certaines caractéristiques individuelles et socio-environnementales sont susceptibles de moduler les associations entre l’alimentation intuitive et la qualité alimentaire. 

Carolanne Verdon est étudiante au doctorat en psychologie (profil intervention et recherche) à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ses recherches visent à comprendre les associations entre les préjugés à l’égard du poids, la satisfaction relationnelle et les comportements alimentaires au sein des couples.

Noémie Carbonneau est professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les déterminants psychologiques et sociaux des comportements alimentaires. Ses travaux portent sur les facteurs psychosociaux qui façonnent le rapport que les gens entretiennent avec leur image corporelle, leur poids et la nourriture. 

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