Troubles de conduite alimentaire, quoi déceler chez mon enfant?

Au cours des dernières années, on constate une hausse marquée des cas de troubles de conduite alimentaire (TCA) chez les jeunes. En effet, l’insatisfaction corporelle peut se manifester très tôt, soit dès l’âge préscolaire. Malheureusement, une relation malsaine avec la nourriture et le corps peut se développer sournoisement. Il importe donc de rester à l’affût des signes avant-coureurs qui peuvent se manifester chez son enfant. Ainsi, dans cet article, les autrices Anne-Sophie Majeau et Marianne Côté, nutritionnistes-diététistes, pistent les parents sur différents signaux précurseurs de troubles de conduite alimentaire.

Voici quelques signes auxquels porter attention : 

1. Le changement d’habitudes alimentaires 

Votre enfant pourrait tenter de contrôler son poids, notamment en : 

  • ne déjeunant plus ou très peu avant d’aller à l’école 
  • sautant des repas ou collations prétextant ne pas avoir faim 
  • revenant à la maison avec une boîte à lunch remplie ou à peine touchée 
  • diminuant de façon significative ses portions 
  • évitant certains aliments qu’il consommait auparavant 
  • faisant des choix dits « plus santé » 
  • exerçant un plus grand contrôle sur ce qu’il mange
  • ayant tendance à analyser ce qui compose le repas ou questionner le nombre de calories

La restriction peut également se manifester par des périodes de compulsions où l’enfant mange de grandes quantités de nourriture en peu de temps, parfois en cachette ou durant la nuit. Certains enfants peuvent éviter certaines situations impliquant de la nourriture ou avoir tendance à s’isoler davantage et être plus irritables. Par exemple, un enfant pourrait vouloir s’absenter de certains repas familiaux, de sorties au restaurant et à la crèmerie ou encore choisir de faire autre chose que manger sur son heure de dîner.

2. Les préoccupations à l’égard du poids

Les préoccupations en lien avec le poids ou une image corporelle négative peuvent se manifester sous différentes formes. Par exemple, l’enfant peut être porté à comparer son apparence à celle des autres ou à formuler des commentaires négatifs sur son propre corps. 

Il peut également développer le réflexe de se regarder fréquemment dans le miroir pour examiner et/ou tâter certaines parties de son corps, ce qu’on appelle de la vérification corporelle. L’enfant pourrait aussi se peser plus souvent, possiblement en cachette, et peut-être même de manière obsessive si une balance est facilement accessible à la maison. Ranger la balance et voir la réaction de l’enfant pourrait être une façon de valider vos soupçons. 

3. L’activité physique excessive

Un enfant qui tente de contrôler son poids peut avoir le réflexe de se tourner vers l’activité physique excessive. Portez attention à tout intérêt soudain envers le sport ou à une hausse marquée de la durée, de la fréquence et de l’intensité de l’effort physique. Les moments choisis pour bouger peuvent également faire partie des signes, par exemple, après un repas plus copieux.

Portez également attention aux autres comportements compensatoires comme l’utilisation de laxatifs ou des vomissements après les repas. Les comportements compensatoires sont exercés dans le but de prévenir un gain de poids et atténuer un sentiment de culpabilité suite à l’ingestion de certains aliments. Un passage récurrent aux toilettes directement après le repas devrait susciter l’attention du parent. 

En conclusion

Détecter les signaux précurseurs et adresser ces enjeux rapidement peut faire une grande différence dans le développement des troubles de conduite alimentaire. Il est à noter que ces pistes de réflexion ne constituent pas une liste exhaustive de tous les signes et symptômes possibles.  Demeurez à l’affût des changements de comportements de votre enfant et n’hésitez pas à faire appel à des professionnels de la santé comme des nutritionnistes, médecins et psychologues pour vous accompagner.

À propos des autrices

Anne-Sophie Majeau est diplômée du baccalauréat et de la maîtrise en nutrition de l’Université de Montréal. Nutritionniste clinicienne avec une approche basée sur l’alimentation intuitive, elle s’intéresse particulièrement aux troubles de conduites alimentaires et aux maladies chroniques comme le diabète et l’obésité.

Marianne Côté a également une approche basée sur l’alimentation intuitive et est diplômée de l’université McGill. Elle s’est ensuite formée dans le domaine des troubles alimentaires et se spécialise actuellement en nutrition sportive grâce au programme du Comité International Olympique. En parallèle, Marianne travaille actuellement avec des clients vivant avec diverses maladies cardiovasculaires.

 

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