
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) touche 1 enfant ou adolescent sur 66 au Canada. Ce trouble se manifeste par des différences dans la communication et les interactions sociales et les comportements restreints ou répétitifs. Dans cet article, la doctorante en psychologie clinique, Danika Lévesque, donne des exemples concrets de comportements liés au TSA ainsi que des pistes pour les parents qui soupçonnent un TSA chez leur enfant.
Qu’est-ce que le TSA ?
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble neurodéveloppemental qui affecte comment le cerveau fonctionne et se développe. De ce fait, il apparaît pendant la période de développement. Au Canada, 1 sur 66 enfants ou adolescents est diagnostiqué avec un TSA. Aussi, les besoins des personnes autistes varient du besoin de soutien léger (niveau 1) au besoin de soutien très important (niveau 3).
Les troubles comorbides du TSA
Il est à noter qu’un bon nombre de personnes autistes peuvent présenter des troubles associés, comme des problèmes de santé mentale ou physique, en plus du TSA. Près de 74% des personnes autistes présentent un problème de santé. Les troubles du sommeil touchent environ 80% des enfants autistes, et près de 59% d’entre eux ont un trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDA/H). Les troubles anxieux, tels que la phobie sociale, les phobies spécifiques ou le trouble anxieux généralisé sont également fréquents.
Les traits du TSA
Les traits liés au TSA sont regroupés en deux grandes catégories selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5-TR).
A) Différences dans la communication sociale et l’interaction sociale
Différences dans la réciprocité socioémotionelle
C’est la capacité d’une personne à communiquer émotionnellement avec les autres. Par exemple, les enfants autistes peuvent trouver difficile de commencer ou maintenir une conversation, utiliser une expression faciale neutre et recourir à des scripts sociaux.
Différences dans la communication non verbale
Les enfants autistes peuvent avoir du mal avec la communication non verbale, comme les gestes et les expressions du visage. Cela peut inclure des difficultés à comprendre les signaux sociaux, le ton de la voix, les gestes et les expressions faciales. Bien que ce ne soit pas le cas pour tous, plusieurs enfants autistes trouvent le contact visuel inconfortable.
Difficultés à développer, maintenir et comprendre les relations
Les enfants autistes peuvent éprouver le besoin d’avoir des amis, même si cela peut être un peu plus difficile pour eux. En effet, ils peuvent trouver plus facile d’être avec des adultes parce que les relations avec les enfants sont souvent moins prévisibles. Aussi, le fait de participer à des jeux imaginatifs avec d’autres enfants peut représenter un défi.
B) Comportements restreints ou répétitifs
Pour ce qui est des comportements restreints ou répétitifs, ce sont des façons de se comporter qui sont limitées ou qui se répètent souvent.
Comportements physiques, utilisation d’objets ou répétition du langage
Certains enfants ou adolescents autistes font souvent les mêmes gestes encore et encore ! Il peut s’agir de faire des gestes tels que battre des mains, se balancer d’avant en arrière, tourner sur eux-mêmes ou aligner des jouets. D’autres comportements peuvent être moins évidents et varient d’une personne à l’autre.
Également, certains enfants autistes éprouvent le besoin de taper des pieds, marcher de long en large, et tapoter des doigts. Ils peuvent aussi utiliser des objets de façon spécifique. Par exemple, ils peuvent être très attachés à certains objets et aimer tourner certaines parties de l’objet. Ils peuvent aussi aimer organiser des objets. En ce qui concerne la façon dont ils parlent, les enfants autistes peuvent répéter les mêmes mots, être hors sujet ou utiliser des expressions qu’ils ont entendues à la télévision ou dans des vidéos. Ils peuvent aussi poser les mêmes questions plusieurs fois sans nécessairement attendre une réponse.
Insistance sur l’uniformité ou adhésion inflexible à des routines ou des habitudes
Certains enfants autistes ont une résistance aux changements et préfèrent suivre des routines strictes. Ils se sentent ainsi plus à l’aise, ce qui leur procure un sentiment de sécurité. De plus, ils peuvent avoir des idées très rigides (pensées en « noir et blanc ») et être très stricts en suivant les règles.
Intérêts fixes et intenses
Les enfants autistes ont souvent des centres d’intérêt très spécifiques et passionnés. Ils aiment beaucoup apprendre sur les sujets qui les intéressent et en parler. Ces intérêts peuvent inclure la télévision, les objets, la musique, les jouets, les collections et même comment les objets fonctionnent. Ces centres d’intérêt jouent un grand rôle dans leur vie !
Sensibilité sensorielle accrue ou diminuée, ou intérêt particulier pour les stimuli de l’environnement
Les enfants autistes peuvent réagir de façon intense ou moins intense aux stimuli qu’ils ressentent. Certains peuvent être très sensibles à la lumière, aux odeurs fortes, aux étiquettes sur les vêtements, aux textures des aliments ou au toucher léger. Ces stimuli sont susceptibles de causer un inconfort chez les enfants autistes. À l’inverse, d’autres peuvent avoir une sensibilité moindre et rechercher une pression profonde, aimer les motifs visuels et les couleurs ou avoir une réduction de la douleur et des réactions aux sensations.
Force des enfants présentant un TSA
Les enfants autistes peuvent présenter de belles forces et qualités. Par exemple, près de 53% d’entre eux présentent des capacités de mémorisation particulières.
En fait, les parents rapportent les forces suivantes chez leurs adolescents autistes :
- Bonne capacité cognitive, intelligence et aptitudes académiques, comme la logique.
- Excellente adaptation dans des environnements organisés et structurés, en suivant les règles et en comprenant les attentes claires.
- Connaissance de soi, compétences en autonomie et objectifs futurs, comme la persévérance et la capacité à exprimer leurs besoins.
- Talent artistique et pensée imaginative et innovante.
- Compétences technologiques dans des domaines comme l’utilisation d’ordinateurs, de jeux vidéo et de codage.
- Compétences sociales et développement des relations, tels que des relations positives avec les adultes et une bonne interaction avec les animaux.
- Traits de caractère positifs, comme le travail acharné et aider autrui.
- Aptitudes physiques et conscience spatiale, incluant des compétences visuospatiales, les habiletés manuelles et la participation à des sports individuels.
Conseils pour les parents
Si vous pensez que votre enfant pourrait avoir un TSA, la prochaine étape est d’obtenir une évaluation psychologique !
Deux options s’offrent à vous :
1) Prenez rendez-vous avec votre médecin de famille ou votre pédiatre.
Ces professionnels de la santé peuvent poser un diagnostic ou vous référer à des services spécialisés en autisme. Les services spécialisés pourraient inclure un pédiatre spécialiste du développement, ou encore une équipe de professionnels en milieu hospitalier.
2) Prendre rendez-vous avec une pratique privée ou un organisme communautaire.
Le psychologue ou neuropsychologue peut également compléter une évaluation pour le TSA. Si vous avez des assurances, les coûts peuvent être pris en charge pour les services offerts par un psychologue ou neuropsychologue.
Pourquoi une évaluation est-elle importante ?
Une évaluation psychologique est cruciale ! Elle permet d’identifier les forces et les défis de votre enfant. Les résultats de l’évaluation fourniront des recommandations pour l’école et les parents afin d’optimiser le potentiel de votre enfant. De plus, une évaluation formelle peut ouvrir la porte à des services supplémentaires, tels que du financement provincial ou un crédit d’impôt.
Comme le dit si bien Dr. Stephen Shore, « Lorsque vous rencontrez une personne autiste, vous avez rencontré une personne autiste ». Chaque personne autiste est différente !
À propos de l’autrice

Danika Lévesque est étudiante au doctorat en psychologie clinique à l’Université d’Ottawa. Ses intérêts cliniques sont centrés sur les troubles neurodéveloppementaux, particulièrement le trouble du spectre de l’autisme (TSA). Elle offre des services auprès des enfants, des adolescents et des familles dans divers milieux de stage. Sa thèse de doctorat porte sur l’offre de services cliniques en français pour les adultes ayant un trouble neurodéveloppemental (DI/TSA) et des comportements à défis. Ses intérêts de recherche incluent aussi l’évaluation de programme, l’accessibilité cognitive et la recherche inclusive.

