
Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un terme fréquemment utilisé de nos jours. Toutefois, il s’agit d’un phénomène assez complexe. Non seulement le TDAH a un impact sur l’individu diagnostiqué, mais il entraîne également des conséquences importantes sur son entourage. Par conséquent, la première étape pour soutenir une personne atteinte de TDAH est de comprendre le diagnostic. Dans cet article, Meenakshie Bradley-Garcia, candidate au doctorat en psychologie clinique à l’Université d’Ottawa, explique ce qu’est le TDAH et propose des stratégies pour les parents pour soutenir leur enfant.
Vous vous dites peut-être que tout le monde n’a pas de temps en temps des problèmes d’attention ? Bien que nous ayons tous parfois des difficultés avec l’attention et l’hyperactivité, cela ne signifie pas que tout le monde est atteint de TDAH. Ainsi, il est important de comprendre ce qu’est le TDAH.
De manière générale, le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) est un trouble mental. Il est caractérisé par des difficultés prononcées d’inattention, d’hyperactivité et/ou d’impulsivité apparaissant avant l’âge de 12 ans.
TDAH et le cerveau
Le TDAH est considéré comme un trouble neurodéveloppemental. En effet, le cerveau des enfants atteints de TDAH se développe différemment de celui des enfants neurotypiques. Plus précisément, le cerveau des enfants atteints de TDAH se développe plus lentement. Ce développement plus lent est particulièrement marqué chez le lobe frontal. C’est pourquoi on dit souvent que les enfants atteints de TDAH ont trois ans de retard sur leurs pairs. Le lobe frontal est responsable des fonctions exécutives. Ces fonctions exécutives nous permettent entre autres de planifier, d’organiser, de commencer et terminer une tâche. Elles permettent aussi de gérer le temps et de réguler nos émotions.
Les enfants atteints de TDAH ont également moins de dopamine dans leur cerveau, un neurotransmetteur responsable de la motivation. C’est pourquoi votre enfant peut avoir beaucoup de mal à se motiver pour accomplir une tâche « ennuyeuse » telle que le nettoyage de sa chambre, alors qu’il peut être très engagé dans des tâches agréables telles que les jeux vidéo. Les enfants atteints de TDAH ont également des connexions moins efficaces entre différentes régions du cerveau. Ces connexions amènent ces enfants à traiter les informations de leurs environnements plus lentement.
Prévalence
Le TDAH touche entre 4 et 12 % des enfants. Le TDAH est également plus fréquent chez les garçons que chez les filles, avec un rapport de 2:1. La présentation des symptômes ou des comportements peut également varier. Par exemple, les filles présentent davantage de symptômes d’inattention tandis que les garçons présentent plus de symptômes d’hyperactivité ou d’impulsivité. Le TDAH a également une composante génétique. Si l’un des parents est atteint de TDAH, ses enfants sont plus susceptibles de le développer. Si les parents n’ont pas de TDAH, mais leur enfant a un TDAH alors leurs frères ou sœurs sont davantage à risque de le développer.
Symptômes
Les familles d’enfants atteints de TDAH entendent souvent les professionnels de la santé dire que leur enfant ont un TDA ou un TDAH. Ces familles ont peut-être aussi déjà entendu que leur enfant a un TDAH à prédominance d’inattention, à prédominance d’hyperactivité/impulsivité, ou même d’une présentation combinée. Mais qu’est-ce que cela signifie ?
Lorsqu’un professionnel de la santé déclare que votre enfant a un TDA, cela veut dire que votre enfant présente une prédominance inattentive. Si le professionnel fait référence au TDAH, cela veut dire que l’enfant présentent principalement le sous-type de TDAH à prédominance hyperactive/impulsive ou combinée. Plus précisément, les enfants atteints de TDAH présentent au moins 6 symptômes d’inattention (présentation prédominante inattentive) ou 6 symptômes d’hyperactivité/impulsivité (présentation prédominante hyperactive/impulsive), ou 6 symptômes d’inattention et 6 symptômes d’hyperactivité/impulsivité (présentation combinée) pour obtenir un diagnostic. En plus d’avoir au moins 6 de ces comportements, les symptômes doivent interférer de manière significative avec leur fonctionnement quotidien. Ces symptômes doivent aussi se manifester dans au moins deux contextes différents, comme à l’école et à la maison.
Listes des symptômes du TDAH :
| Inattentif | Hyperactif/impulsif |
| Commet des erreurs d’inattention | S’agite ou se tortille sur son siège |
| Difficulté à soutenir son attention | Ne peut pas rester assis |
| Ne semble pas écouter quand on lui parle personnellement | Court ou grimpe dans des situations inappropriées |
| Ne suis pas les consignes et ne termine pas ses tâches | Incapable de jouer ou de participer à des activités en silence |
| Difficulté à organiser les tâches et les activités | Est en mouvement |
| N’aime pas s’engager dans des tâches nécessitant un effort mental soutenu | Parle excessivement |
| Perd des objets | Laisse échapper des réponses avant que les questions soient terminées |
| Se laisse facilement distraire | Difficulté à attendre son tour |
| Oublie les activités quotidiennes | Interrompt les autres ou impose sa présence |
Développement
Ce trouble mental est un trouble neurodéveloppemental. Les symptômes persistent à l’âge adulte, mais le type de symptômes peut varier en fonction du développement. Plus précisément, les enfants d’âge préscolaire atteints de TDAH sont généralement plus hyperactifs et impulsifs. Cependant, ces comportements tendent à diminuer au fur et à mesure qu’ils grandissent. Inversement, les difficultés d’inattention ont tendance à augmenter chez les enfants atteints de TDAH à mesure qu’ils grandissent, à partir de l’âge scolaire, et restent constants au courant de leur vie.
Difficultés comportementales
Les enfants avec un TDAH sont davantage à risque de rencontrer des difficultés scolaires. Par exemple, les enfants peuvent avoir de mauvais résultats, redoubler, être expulsé.e.s et trouver difficile l’obtention d’un diplôme.Ces enfants peuvent également avoir des comportements à risque, surtout dès l’adolescence. Ces comportements incluent notamment des accidents de la route, de contraventions et de consommation de drogues. Les enfants atteints de TDAH sont également plus susceptibles de développer des comportements oppositionnels, des troubles de l’humeur et de l’anxiété, des troubles liés à l’utilisation de substances, des troubles de l’apprentissage et l’autisme.
Traitements
Différents traitements sont recommandés pour les enfants atteints de TDAH. Les deux principales options sont les interventions pharmacologiques et comportementales. Les interventions pharmacologiques, ou l’utilisation de médicaments, ciblent directement les symptômes d’inattention et d’hyperactivité/impulsivité. À l’inverse, les interventions comportementales ciblent l’environnement et les difficultés fonctionnelles. En fonction de l’âge de l’enfant, il est recommandé d’effectuer les interventions comportementales avec les parents et les enseignants plutôt que seulement intervenir avec l’enfant plus jeune. Cependant, les interventions comportementales avec un adolescent et ses parents sont recommandées à partir de l’adolescence. Bien qu’il soit important d’adapter les stratégies en fonction des besoins de votre enfant, les stratégies comportementales suivantes peuvent s’avérer utiles à l’école pendant leurs parcours académiques.
Exemples de stratégies comportementales:
- Donner plus de temps pour accomplir les tâches.
- Donner des instructions claires.
- Fournir un horaire clair.
- Fournir des aides visuelles.
- Fournir des minuteries visuelles.
- Fournir des jouets qui bougent, en particulier pour les enfants et les adolescents hyperactifs.
- Préférer les renforcements positifs aux conséquences.
- Prévoir des pauses corporelles.
- Permettre à l’enfant de s’asseoir à l’avant de la classe pour minimiser les distractions.
- Surveillez activement les élèves pour vous assurer qu’ils comprennent les instructions et qu’ils accomplissent leurs tâches.
À propos de l’autrice

Meenakshie Bradley-Garcia est une candidate au doctorat en psychologie clinique à l’université d’Ottawa au sein du laboratoire de neuroscience et mémoire de la Dre Melanie Sekeres.
Sa thèse vise à mieux comprendre comment la chimiothérapie peut influencer la mémoire, surtout la mémoire épisodique, chez les femmes avec un cancer du sein. Elle s’intéresse surtout à la cognition chez les enfants et les adolescents atteints d’une condition médicale. Elle est présentement co-présidente de l’initiative 1 sur 5. Il s’agit d’une initiative de l’Université d’Ottawa. Elle vise à promouvoir le bien-être psychologique et les connaissances sur la santé mentale à l’Université d’Ottawa et dans la communauté. Cette initiative vise également à réduire le stigma sur la santé mentale.

