Mon enfant souffre-t-il d’anxiété de séparation? Comment les parents peuvent aider face à l’anxiété de la rentrée scolaire

Bien que le retour à l'école soit un moment excitant, bien des enfants ressentent de l'anxiété face à la rentrée scolaire en contexte de pandémie.
Bien que le retour à l’école soit un moment excitant, bien des enfants ressentent de l’anxiété face à la rentrée scolaire en contexte de pandémie.

Le retour à l’école est une période excitante pour de nombreux enfants. Néanmoins, pour certains, la rentrée scolaire amène beaucoup de stress et d’anxiété. Vont-ils aimer leur nouveau professeur ? Vont-ils aimer leur nouvelle école ? Leurs amis seront-ils dans la même classe qu’eux ?

Lorsqu’un enfant est séparé de ses parents ou de ses gardiens, il est normal d’éprouver de l’anxiété. Et lorsque nous ajoutons une pandémie au stress habituel de la rentrée scolaire, de nombreux enfants auront plus de difficulté qu’habituellement.

On parle souvent dans le langage courant de l’anxiété de séparation, que ce soit par rapport aux enfants, ou même aux animaux de compagnie!

Quant à eux, les psychologues réfèrent au trouble d’anxiété de séparation lorsqu’un enfant ressent des peurs et des angoisses si intenses qu’elles l’empêchent d’aller à l’école, ou qu’elles interfèrent avec son fonctionnement ou sa façon d’interagir avec les autres pendant une période prolongée. D’ailleurs, le trouble d’anxiété de séparation est le trouble d’anxiété le plus commun chez les enfants.

Lorsque les enfants vivent de l’anxiété, même s’il s’agit d’un niveau typique (par exemple lorsqu’ils commencent la maternelle ou vont à une nouvelle école), la façon dont les parents réagissent est très importante.

L’anxiété et la pandémie

Après de longues périodes d’isolement social avec les membres de sa famille, il peut être difficile pour certains enfants — et pour certains parents — d’être séparés d’eux lorsque l’école recommence. Particulièrement après cette année de pandémie, certains enfants peuvent ressentir de l’anxiété à l’idée d’aller dans des endroits inconnus. Ils peuvent également être anxieux face aux mesures sécuritaires mises en place à l’école face à la pandémie.

Lors d’une année typique, approximativement 1 enfant sur 10 éprouve des niveaux d’anxiété élevés. Au cours de la pandémie, la recherche démontre que les niveaux d’anxiété ont doublé chez les enfants. Ainsi, c’est plutôt 1 enfant sur 5 qui éprouve des niveaux significatifs d’anxiété.  

Au cours de la dernière année et demie, beaucoup d’enfants ont passé plus de temps à la maison que d’habitude, notamment lors de la fermeture des écoles. Même lorsque les enfants pouvaient passer du temps avec leurs amis, il y avait souvent des restrictions en vigueur. Par exemple, ils devaient se voir à l’extérieur, porter un masque et respecter les mesures de distanciation sociale.

Pour beaucoup d’enfants, ces restrictions ont augmenté le stress ressenti lors d’interactions avec des personnes autres que celles de leur famille.

À quoi peut ressembler l’anxiété de séparation?

L’anxiété de séparation peut se manifester de différentes façons. Par exemple, certains enfants refuseront d’aller à l’école ou de participer à de nouvelles activités en l’absence de leurs parents. Certains enfants peuvent également refuser d’aller se coucher sans leurs parents, ou refuser de dormir ailleurs que dans leur maison.

Certains enfants souffrant d’anxiété de séparation peuvent avoir des symptômes physiques tels que les maux d’estomac et les cauchemars. D’autres peuvent ressentir des maux de tête ou avoir un rythme cardiaque élevé. Certains enfants peuvent penser que quelque chose de mal va arriver à eux-mêmes ou à leurs parents lorsqu’ils ne sont pas ensemble.

Certains enfants peuvent également être anxieux par rapport à la pandémie elle-même. Par exemple, le retour à l’école peut entraîner des risques pour les enfants non vaccinés. Certains enfants peuvent notamment craindre de contracter la COVID-19 ou de la transmettre à leurs amis et à leur famille. De plus, les enfants, tout comme les adultes, peuvent se sentir un peu rouillés quand il vient le temps d’interagir avec de nouvelles personnes, comme un nouvel enseignant ou de nouveaux pairs.

Stratégies pour soutenir votre enfant

Nous vous proposons plusieurs stratégies pour vous aider à naviguer avec les sentiments de votre enfant. Elles peuvent être utiles pour tous les parents, que leur enfant ressente de hauts niveaux d’anxiété ou non.

  • Validez les peurs et l’anxiété de votre enfant. Il est normal de se sentir anxieux face à l’idée de se séparer de sa famille lors d’évènements stressants. Lorsque vos enfants expriment de l’anxiété ou des peurs, faites-leur savoir que vous les entendez et que vous les comprenez. Vous pouvez valider et normaliser leurs sentiments en disant: « Je comprends que tu te sens inquiet. Beaucoup d’autres enfants se sentent également comme ça. »
  • Encouragez votre enfant à s’encourager lui-même. Lorsque les enfants s’encouragent eux-mêmes, ils ont une meilleure estime de soi.  Par exemple, on peut encourager les enfants à se dire « Je suis courageux, je suis capable. » lorsqu’ils sont anxieux. On peut pratiquer cette communication positive envers soi à la maison d’abord. Ainsi, l’enfant pourra être familier avec cette technique et l’appliquer facilement lorsqu’il se sent stressé à l’école.
  • Allez-y une étape à la fois. On demande beaucoup aux enfants en leur disant de passer d’interactions sociales limitées pendant la pandémie à des interactions sociales prolongées, et ce, dans un tout petit espace à l’école. Pendant les premières semaines d’école, essayez de résister à la tentation de remplir d’activités et de sorties les soirées et les fins de semaine. Envisagez de faire des activités à la maison afin que vos enfants puissent garder une certaine constance dans leur environnement. Au fur et à mesure que vos enfants se familiarisent à nouveau avec les interactions sociales, commencez à ajouter progressivement plus d’activités à leur calendrier (selon les restrictions en place).
  • Établir des routines. Le retour à l’école peut entraîner plusieurs éléments imprévisibles, ce qui peut créer de l’anxiété chez les enfants. Une façon de réduire cette anxiété est de maintenir des routines constantes à la maison. Par exemple, respectez un horaire fixe pour les repas, l’heure du bain, l’heure du coucher et même pour les appareils électroniques. La recherche montre que les enfants qui ont gardé des routines constantes pendant la pandémie ont ressenti plus de bien-être.
  • Parlez des aspects positifs du retour à l’école. Les enfants (et les adultes!) peuvent avoir de la difficulté à voir les aspects positifs lors de situations stressantes. Les parents peuvent alors aider les enfants à voir le côté positif de la rentrée scolaire. Par exemple, les enfants pourront apprendre de nouvelles choses, passer du temps avec leurs amis et participer à des activités parascolaires.
  • Modeler des comportements positifs. Au cours de la dernière année, les enfants ne sont pas les seuls qui ont ressenti plus d’anxiété que d’habitude. Il y a également eu des hausses d’anxiété chez les parents. Par rapport à l’école, de nombreux parents peuvent eux-mêmes être anxieux à l’idée d’être séparés de leur enfant. Lorsque les parents discutent de leur anxiété et de leur stress devant leurs enfants, les enfants peuvent internaliser ces inquiétudes. Essayez d’éviter d’en parler devant votre enfant. Essayez aussi d’éviter l’exposition aux médias alarmants, qui peuvent augmenter l’anxiété des enfants.

Il est tout à fait compréhensible que les enfants puissent avoir du mal à se séparer de leurs proches alors qu’ils vivent une autre rentrée scolaire non conventionnelle. Malgré tout, ces stratégies peuvent aider les parents à jouer un rôle important pour réduire l’anxiété de leurs enfants et rendre la rentrée scolaire plus agréable pour ces derniers.

Si vous vous demandez si votre enfant pourrait bénéficier de soutien supplémentaire, vous pouvez considérer demander de l’aide professionnelle, notamment en parlant à votre médecin de famille. Anxiété Canada fournit un répertoire de services professionnels disponibles partout au Canada.

Cet article est traduit de la version originale anglaise publiée par The Conversation Canada. Il a été rédigé par les Dres Audrey-Ann Deneault et Sheri Madigan.

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