Commenter les états mentaux de son enfant: L’importance de l’orientation mentale des parents

Une enfant regarde à la fenêtre. Un parent adoptant une orientation mentale pourrait commenter sur le fait que l'enfant regarde dehors parce qu'elle voit un oiseau qu'elle trouve beau.
Les processus mentaux (désirs, pensées, émotions) des enfants guident leurs comportements, comme c’est le cas pour les adultes. Commenter ces processus mentaux peut être très bénéfique pour les enfants.

Cet article démystifie le concept d’orientation mentale des parents et explique l’importance de commenter les états mentaux de son enfant.

« Je sais que tu n’aimes pas ça quand on doit mettre ton manteau. » « Est-ce que tu as hâte de voir grand-maman? » Nous avons tous entendu des parents dire des phrases de ce genre à un bébé ou à un jeune enfant. Ces phrases peuvent sembler banales, mais elles révèlent une capacité importante chez les parents, soit leur capacité à adopter une orientation mentale.

Le concept d’orientation mentale

Selon la Dre Elizabeth Meins, les parents qui adoptent une orientation mentale face à leurs enfants perçoivent ces derniers comme étant leur propre personne. Ils comprennent que l’enfant est un individu qui a ses propres états mentaux guidés par des émotions, des désirs et des intentions. Lorsque leur bébé pleure par exemple, ces parents savent qu’il a ses raisons de pleurer ou de sentir inconfortable plutôt que de présumer que les bébés ne font que pleurer sans raison particulière.

Concrètement, il est possible d’observer si les parents adoptent une orientation mentale en les voyant interagir avec leur enfant, ou même simplement en les voyant décrire leur enfant. En effet, ces parents décrivent les états mentaux de leur enfant en utilisant des mots reliés à ses désirs (p. ex., « Veux-tu avoir le bateau? »), à ses pensées (p. ex., « Tu te concentres à mettre la balle dans le panier, n’est-ce pas? ») ou à ses émotions (p. ex., « Tu es content de voir papa! »).

Au contraire, les parents qui n’utilisent pas une orientation mentale ont tendance à s’en tenir aux faits. Par exemple, ils pourraient dire « Tu regardes le ballon longtemps! », mais n’auront pas tendance à aller plus loin pour attribuer que ce comportement est fondé sur une activité mentale de l’enfant (p. ex., aimer la couleur du ballon).

Adopter une orientation mentale est bénéfique pour l’enfant

Certains autres parents auront tendance à adopter une orientation mentale, mais de façon déconnectée de l’enfant. Lors d’une séance de jeu, ces parents pourraient dire que l’enfant veut avoir l’hélicoptère-jouet, ce qui représente un désir de l’enfant. Cependant, il se trouve en fait que l’enfant a beaucoup de plaisir à jouer avec un autre jouet. Le commentaire du parent n’est donc pas compatible avec l’état mental de l’enfant.

Étant donné qu’une orientation mentale mène le parent à commenter davantage les états mentaux de l’enfant, ce dernier est davantage amené à réfléchir et discuter de ses désirs, de ses pensées et de ses émotions. Ainsi, les enfants dont les parents adoptent une orientation mentale ont une meilleure capacité à réguler leurs émotions et présentent moins de troubles de comportement. Ces enfants ont également une meilleure relation avec leurs parents et sont mieux équipés pour comprendre la perspective des autres lors de conflits.

Il vaudrait donc la peine pour les parents d’essayer de développer une orientation mentale face à leur enfant. Pour ce faire, les parents peuvent simplement commencer à penser aux raisons qui pourraient pousser leur enfant à agir d’une façon ou d’une autre. Les parents peuvent également commencer à commenter les états mentaux de leurs enfants lors d’interactions avec ceux-ci. Ces commentaires n’ont pas à être compliqués. Essayez d’utiliser des mots comme « penser », « vouloir » et « aimer » en parlant à votre enfant. De petits changements dans la façon dont les parents parlent des états mentaux de leur enfant peuvent mener à beaucoup de bénéfices pour le développement de leur enfant!

Sources

Gagné, C., Bernier, A., & McMahon, C. A. (2017). The role of paternal mind-mindedness in preschoolers’ self-regulated conduct. Infant and Child Development, 27, e2081. https://doi.org/10.1002/icd.2081

McMahon, C. A., & Bernier, A. (2017). Twenty years of research on parental mind-mindedness: Empirical findings, theoretical and methodological challenges, and new directions. Developmental Review, 46, 54-80. https://doi.org/10.1016/j.dr.2017.07.001

Meins, E., Centifanti, L. C. M., Fernyhough, C., & Fishburn, S. (2013). Maternal mind-mindedness and children’s behavioral difficulties: Mitigating the impact of low socioeconomic status. Journal of Abnormal Child Psychology, 41,543–553. https://doi.org/10.1007/s10802-012-9699-3

Meins, E., & Fernyhough, C. (2015). Mind-mindedness coding manual, Version 2.2. Unpublished manuscript. University of York, York, Uk.

Meins, E., Fernyhough, C., Fradley, E., & Tuckey, M. (2001). Rethinking maternal sensitivity: Mothers’ comments on infants’ mental processes predict security of attachment at 12 months. Journal of Child Psychology and Psychiatry and Allied Disciplines, 42(5), 637-648. https://doi.org/10.1017/S0021963001007302

Laisser un commentaire