
La coparentalité est une situation maintenant très commune. Dans cet article initialement publié sur The Conversation Canada, Rebecca Jaremko Bromwich, professeure adjointe à Carleton University, donne quelques conseils pratiques afin d’aider les co-parents à naviguer la période des fêtes de façon agréable pour toute la famille.
Le temps des fêtes qui approche sera peut-être votre première expérience de coparentalité à la suite d’une séparation, une réalité sociale de plus en plus répandue. Chaque année, il y a environ 50 000 divorces au Canada, et la plupart d’entre eux concernent des couples ayant eu des enfants.
Des milliers de familles canadiennes se joignent à un groupe de plus en plus nombreux : les co-parents divorcés ou séparés qui doivent collaborer à l’éducation des enfants pendant la période des fêtes. Bien que cette situation devienne de plus en plus normative, cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas difficile.
Quelle que soit votre célébration, à l’approche des fêtes de fin d’année, comme de nombreux parents, les préparatifs peuvent entrainer un stress important.
Les traditions des fêtes impliquent des attentes qui peuvent s’avérer particulièrement difficiles pour les parents après un divorce ou une séparation. En revanche, vous avez maintenant la possibilité de créer de nouveaux souvenirs plus paisibles que ceux de la période des fêtes qui a précédé la séparation.
Cependant, si la séparation peut contribuer à réduire les conflits au sein du foyer, elle peut aussi donner lieu à de nouvelles formes de bataille. À l’approche des fêtes, les tribunaux de la famille sont débordés puisqu’ils sont particulièrement sollicités pour des procédures judiciaires urgentes.
Une planification proactive peut permettre d’éviter d’ajouter du stress judiciaire au stress du temps des fêtes.
La coparentalité est désormais la norme après la séparation
Alors qu’elle était exceptionnelle lorsque j’ai commencé à pratiquer le droit il y a 20 ans, la coparentalité est aujourd’hui la norme après la séparation.
Environ 25 à 30 % des enfants canadiens grandissent dans des foyers séparés ou divorcés, et plus encore si l’on tient compte des cohabitants non mariés. Ceci signifie que les statistiques ne montrent que la partie émergée de l’iceberg des foyers où il y a un parent seul ou une famille recomposée sans mariage légalement formalisé.
La majorité des parents séparés ou divorcés d’aujourd’hui se trouvent dans une situation de partage des responsabilités parentales. La loi sur le divorce a été modifiée en 2019 pour souligner l’intérêt de la coparentalité. Les changements encouragent la participation active des deux parents à la vie des enfants après la séparation, plutôt que d’avoir un parent « visiteur » avec un rôle limité dans la prise de décision, et un parent « gardien ».
La coparentalité pendant le temps des fêtes peut s’avérer difficile, mais il est essentiel de donner la priorité à l’intérêt supérieur de nos enfants. La recherche montre de manière écrasante que, contrairement aux stéréotypes, si de nombreux enfants ressentent des effets à court terme tels que le choc, l’anxiété ou la colère après la séparation ou le divorce de leurs parents, ce n’est pas la séparation elle-même, mais plutôt des niveaux élevés de conflit qui sont néfastes pour les enfants.
Le territoire inexploré de la coparentalité
De nombreux enfants canadiens vivent la coparentalité depuis plusieurs années. D’autres en sont à leur première expérience. Même ceux d’entre nous qui ont grandi avec des parents séparés n’ont probablement pas connu les deux ménages que connaissent les familles coparentales contemporaines. Un changement radical s’est opéré en faveur d’une implication accrue des deux parents dans la vie des enfants après la séparation des parents.
Ainsi, à l’approche des vacances, il est sans doute utile de nous rappeler, à nous-mêmes et aux autres, les meilleures pratiques. Sur la base de 20 ans de pratique du droit, de plusieurs années de recherche universitaire et de ma propre expérience personnelle, qui n’est pas exempte d’erreurs, voici quelques conseils pour aider les co-parents séparés à veiller à l’intérêt de leurs enfants pendant les vacances.
Planifiez à l’avance : Commencez à planifier les vacances bien à l’avance. Établissez un calendrier précis et un plan de communication avec votre ex-conjoint afin d’éviter les conflits de dernière minute. Déterminez clairement si les deux parents assisteront à certains événements et fixez de manière proactive les limites qui permettront d’éviter les conflits. Si les deux parties sont des adeptes de la technologie, utilisez des moyens technologiques – comme des applications – pour faciliter les choses.
Soyez flexible : Soyez ouvert à l’idée d’ajuster l’emploi du temps si nécessaire. Parfois, des circonstances imprévues peuvent survenir et il est important de s’adapter pour le bien de vos enfants.
Respectez et créez des traditions : Respectez les traditions et les croyances familiales de chacun. Encouragez vos enfants à apprécier la diversité des célébrations. Saisissez l’occasion de créer de nouvelles traditions de vacances et des souvenirs positifs avec vos enfants.
Partagez les responsabilités : Partagez équitablement les responsabilités financières et logistiques des vacances. Cela inclut le partage des coûts des cadeaux, des décorations et des autres dépenses liées aux fêtes.
Évitez la concurrence : Ne rivalisez pas avec votre co-parent pour gagner l’affection des enfants en leur offrant des cadeaux ou des expériences extravagantes. Privilégiez plutôt les moments de qualité passés ensemble. Les enfants se souviendront davantage de votre présence que de vos cadeaux.
Cherchez du soutien : Soyez réaliste. Les problèmes qui existaient dans le mariage risquent de persister dans les interactions après la séparation. Une application ne suffira peut-être pas. Un médiateur, un travailleur social, un coordinateur parental ou un autre professionnel tel qu’un avocat spécialisé en droit de la famille peut être impliqué bien à l’avance pour faciliter et coordonner la communication afin que la coparentalité pendant les vacances devienne moins difficile.
Enfin, au-delà des considérations juridiques, n’oubliez pas de chercher le soutien dont vous avez besoin, à la fois pour votre propre bien-être et pour aider vos enfants à vivre la transition familiale dans le cadre de leur développement normal. Vivre une séparation ou un divorce, c’est faire face à un changement de vie majeur et aux facteurs de stress qui y sont liés. Tous les membres de la famille peuvent participer à l’identification de moyens adaptés à l’âge et au rôle de chacun pour créer une expérience positive des fêtes.
Les vacances peuvent être joyeuses
En travaillant ensemble, nous pouvons créer une expérience de vacances positive pour nos enfants. Les enfants peuvent eux aussi participer à l’élaboration des plans de vacances de leurs familles.
Je le répète parce que j’avais besoin de l’entendre encore et encore : nos enfants peuvent s’épanouir après une séparation ou un divorce, et le temps des fêtes peut être joyeux et lumineux.
The Conversation Canada a originalement publié cet article. La version originale est disponible ici.