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L’accompagnement à la naissance au Québec, c’est quoi ?

Crédit photo Karine Droual/Mini Zoom photographie/info@minizoom.ca ou Karine Droual sur Facebook

L’accompagnement à la naissance est bien plus qu’un simple soutien. Depuis les années 1970, cette pratique, portée par un désir d’humaniser l’accouchement, a transformé l’expérience de la naissance pour des milliers de familles. Dans cet article, découvrez comment les accompagnant.e.s à la naissance, ou doulas, offrent un soutien périnatal de la grossesse à la naissance à la période post-natale, favorisent l’implication des partenaires ainsi que la sérénité des premiers instants de vie des nouveau-nés et de leur famille. Ce texte vous guidera à travers l’histoire fascinante de l’accompagnement à la naissance au Québec, les types d’accompagnant.e.s, leurs pratiques et leurs avantages.

Qu’est-ce qu’un.e accompagnant.e à la naissance, ou doula?

Les accompagnant.e.s à la naissance sont souvent désigné.e.s sous le terme « doula ». Iels ont une pratique qui s’est considérablement développée au Québec depuis les années 1970. Cette pratique combine soutien émotionnel, physique et informatif. Elle vise à offrir aux parents une expérience de naissance plus humaine et personnalisée. Dans cet article, nous explorerons l’histoire de cette pratique au Québec, les bases de ce travail et les différents types d’accompagnant.e.s. Les avantages qu’iels offrent aux parents et à l’enfant seront également présentés. Finalement, ce texte offrira des conseils pour choisir un.e accompagnant.e adapté.e à ses besoins et les bémols possibles.

L’Histoire de l’Accompagnement à la Naissance au Québec

L’histoire de l’accompagnement à la naissance au Québec s’enracine dans la lutte pour l’humanisation des naissances. Ce mouvement social initié dans les années 1970 répondait à la surmédicalisation de l’accouchement. En effet, les fxmmes étaient souvent anesthésiées, immobilisées et soumises à des interventions médicales systématiques. Au Québec, le mouvement d’humanisation des naissances s’est inspiré des pratiques européennes et des travaux des docteurs Frédérique Leboyer et Michel Odent en France. Les parents québécois mécontents de la prise en charge de l’accouchement ont initié ce mouvement.

Les premières initiatives d’accompagnement à la naissance ont été réalisées de manière clandestine dans les hôpitaux. Des sage-femmes pionnières ou des infirmières accompagnaient les futurs parents pendant l’accouchement. Elles sont les premières doulas. Ces dernières se faisaient alors passer pour un membre de la famille ou une amie. Cependant cette pratique a rapidement été découverte et interdite. 

La création de regroupements tels que le Comité pour l’Humanisation de l’Accouchement et de la Naissance (CHAN) à Québec en 1975 a contribué à la fondation de cette pratique. Ces regroupements rassemblaient des parents, des sage-femmes pionnières et des doulas. À l’aide de lettres de plaintes, de demandes de service et d’appels aux hôpitaux, ces regroupements ont exercé une pression sur les centres hospitaliers et le gouvernement. Ces derniers ont fini par entendre les demandes, permettant l’implantation de nouvelles pratiques, de chambres de naissance et l’inclusion du ou de la partenaire à l’accouchement. Ainsi, la lutte de ces comités a été cruciale dans la transformation des pratiques d’accouchement, la légitimation de la pratique des sage-femmes et le développement de l’accompagnement à la naissance.

Les activités des doulas

Les doulas jouent un rôle clé dans le soutien des fxmmes enceintes et de leurs familles tout au long de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum. Leur travail comprend en moyenne six rencontres : trois rencontres prénatales, la présence à l’accouchement, et deux visites postnatales. Certain.e.s doulas offrent également un suivi téléphonique jusqu’à un an après la naissance. Lors des rencontres, les doulas fournissent des informations neutres et essentielles sur le déroulement de l’accouchement, la gestion de la douleur et les interventions médicales possible. Iels encouragent la préparation d’un plan de naissance et offrent un soutien émotionnel continu. La présence d’un.e doula limite également les violences obstétricales ou les attitudes discriminatoires

Durant la période postnatale, les doulas peuvent effectuer des relevailles (garde d’enfants, petites tâches ménagères, faire des courses ou amener des repas). Iels répondent aussi aux questions des parents et reviennent sur l’expérience d’accouchement afin d’offrir un espace de parole. Leur formation en allaitement permet un soutien personnalisé et individuel en fonction des choix et des besoins des parents.

Les types de doulas

Il existe principalement deux types de doula : les doulas privé.e.s et les doulas communautaires. Les doulas privé.e.s, peuvent être indépendant.e.s ou affilié.e.s à une entreprise spécialisée en périnatalité. Le coût des services d’un.e doula privé.e varie selon l’expérience, la formation, la région desservie et les services offerts (massage, aromathérapie, yoga). Le coût moyen d’un accompagnement est de 1500 $. Cependant certain.e.s doulas sont naturopathes et émettent des reçus d’assurance à des fins de remboursements. Les doulas communautaires travaillent généralement dans des centres communautaires ou des organismes à but non lucratif. Dans ce cas, les frais sont moindres, généralement calculés en fonction du revenu ou symboliques. Les accompagnant.e.s bénévoles offrent leurs services à des populations vulnérables ayant un accès parfois limité aux soins périnataux de qualité.

Crédit photo Lucie Bataille/http://luciebataille.com/ +33 6 19 28 67 26

Les Avantages de l’Accompagnement à la Naissance

L’accompagnement à la naissance présente de nombreux avantages tant pour les parents que pour l’enfant. Selon plusieurs études, la présence d’un.e accompagnant.e à la naissance aide à réduire les interventions médicales, comme l’utilisation de péridurales ou la réalisation de césariennes. Leur présence contribue à la satisfaction des parents quant à leur expérience de naissance. Elle favorise également l’implication du ou de la partenaire.

Pour les parents, l’accompagnement permet une meilleure gestion du stress et de la douleur durant l’accouchement. Les doulas, grâce à leur expertise, aident à créer un environnement serein. Iels établissent une communication claire entre les parents et le personnel médical. Iels jouent aussi un rôle crucial dans la prise de décisions. En effet, les doulas fournissent aux parents les informations nécessaires pour qu’ils puissent faire des choix libres et éclairés en accord avec leurs valeurs et leurs souhaits. Ainsi, les parents les mieux préparés et informés sont ceux qui sont accompagnés d’un.e doula.

Pour l’enfant, un accouchement moins interventionniste peut conduire à une meilleure adaptation postnatale. Les études montrent que les nouveau-nés dont les mères ont été accompagnées pendant l’accouchement présentent des signes de bien-être plus marqués. Parmis ces signes, on observe une meilleure capacité d’attachement et une alimentation au sein plus précoce. Au Québéc, l’accompagnement à la naissance a permis une meilleure adaptation parentale, une plus grande sensibilité aux besoins des nouveau-nés et un meilleur lien d’attachement. 

Comment choisir un.e accompagnant.e à la naissance

Pour choisir un.e accompagnant.e à la naissance, plusieurs facteurs peuvent être pris en compte. Ces facteurs peuvent être l’expérience de l’accompagnant.e, sa formation, ses valeurs et son approche de l’accouchement. Il est recommandé de rencontrer plusieurs accompagnant.e.s avant de faire un choix. Cela vous permettra de trouver la personne qui comprendra au mieux vos attentes et besoins et les respectera.

Outre ces facteurs, la relation avec l’accompagnant.e doit se baser sur la confiance et la complicité, sans rapport de pouvoir. C’est cette relation qui est au cœur d’un accompagnement bénéfique pour tous. Si, après quelques rencontres, la relation ne correspond pas à vos attentes, il est préférable de discuter de vos préoccupations ou de choisir un.e autre accompagnant.e. Les informations que le ou la doula transmettent importent autant que la relation, elles sont le coeur du bon déroulement d’un accompagnement à la naissance et de ses effets positifs.

Les bémols qui peuvent se présenter

L’accompagnement à la naissance offre de multiples avantages, cependant certains points méritent votre attention.

La naissance de votre enfant est fort probablement un évènement important pour vous, que vous planifierez avec votre doula. Mais un accouchement, aussi préparé soit-il, reste imprévisible. Les plans peuvent changer, et votre doula devra vous y préparer.

Un autre point concerne votre co-parent, ou des membres de votre famille comme votre mère ou belle-mère. Par la présence du ou de la doula, ces personnes peuvent vivre de l’exclusion. Dans ce cas, clarifiez vos attentes avec votre doula pour mieux impliquer ces personnes, tout en respectant vos choix.

De plus, certain.e.s doulas peuvent être plus revendicatrices ou revendicateurs. Cela peut créer des tensions avec le personnel médical lors de l’accouchement. Il est crucial d’en discuter à l’avance pour vous assurer d’être à l’aise avec cette approche.

Enfin, les doulas n’ont ni statut officiel ni autorité sur le personnel médical. Cela signifie qu’iels ne peuvent empêcher des interventions médicales, mais iels peuvent vous encourager à exprimer vos désaccords.

En conclusion

L’accompagnement à la naissance au Québec est une pratique profondément ancrée dans l’histoire de la lutte pour l’humanisation des naissances. Grâce à l’engagement de nombreuses fxmmes et organisations, cette pratique s’est développée pour soutenir les parents pendant l’une des périodes de transformation les plus importantes de leur vie. L’accompagnement à la naissance permet de personnaliser et d’améliorer l’expérience périnatale. Il offre aussi un soutien continu et favorise le meilleur départ de vie possible aux parents et à l’enfant.

À propos de l’autrice

Crédit photo Karine Droual/Mini Zoom photographie/info@minizoom.ca ou Karine Droual sur Facebook

Nadège Aymon a complété son baccalauréat en psychologie à l’UQAM et y réalise présentement son doctorat en psychologie dans le profil recherche et intervention avec une concentration en étude féministe. Nadège se spécialise en périnatalité pour accompagner les parcours périnataux dans leur diversité, qu’ils mènent ou non à la parentalité, le deuil périnatal et les jeunes enfants entre 0-5 ans. Sa thèse de doctorat porte sur l’accompagnement à la naissance dans le contexte québécois d’un point de vue historique, culturel et social. Elle étudie le mouvement d’humanisation des naissances passé et actuel ainsi que le pouvoir d’agir des femmes et personnes enceintes. Au cours de ses recherches, Nadège a suivi la formation de doula et a accompagné des naissances depuis.

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